9 août – Kuala Lumpur

Atterrissage à l’aube… le train rapide me conduit au centre ville. De tous les côtés des constructions immenses, développement anarchique de méga complexes, entrecoupés les uns des autres par des morceaux orphelins de forêt tropicale. La ville s’étend.

Le trajet de l’aéroport au centre laisse entrevoir le gigantisme de la cité. Ce n’est pas une ville à taille humaine, je le vérifierai très vite après une courte marche dans le centre ville.

Il est à peine 8h30, ma chambre ne sera disponible que vers midi. J’en profite pour me rafraîchir avec un jus d’orange et essaye de rester réveillé avec deux grands cafés. Je n’ai pas dormi durant le vol, pas plus que durant la sieste qui s’impose dès la fin de matinée, sans doute excité par le voyage qui m’attend. L’esprit toutefois reposé, je me débarrasse de la crasse accumulée ces dernières heures avec une douche rapide, sans grand débit (à se demander si ce n’est pas fait exprès…).

La géographie de la ville est complexe, tout comme son organisation. Je n’arrive pas à la cerner, mon orientation est chaotique. J’entreprends donc de résoudre cela en montant au somment de la KL Tower, d’où j’aurai une vue à 360° depuis les hauteurs. Je découvre une ville espacée, ponctuée d’espaces verts, mais encombrée de buildings à perte de vue.

Ma ballade de l’après-midi se limite aux quartiers nouveaux, fortement urbanisés. La journée de demain sera consacrée à China Town et au quartier colonial, j’espère ainsi avoir une autre impression de cette ville que ne me plaît pas. Kuala Lumpur est trop ou pas assez. Trop propre, trop nette, trop léchée, trop occidentale, trop de trafic mais pas assez de senteurs, d'Asie, d’air frais…

Après la KL Tower, je marche, sur les embryons de trottoirs disponibles, jusqu’aux Petronas Towers. Gigantesques, pour ne pas dire titanesques, pure folie architecturale. Mais c’est extrêmement impressionnant, à ne pas rater.

La porte passée, la température chute de 20°, il fait froid. Se confirme immédiatement ce que j’avais perçu le matin même : cette ville est un amas continu de centres commerciaux. Celui dans lequel je me trouve ferait pâlir les plus chevronnées « shoppeuses » de nos capitales européennes. Un condensé de boutiques sur six étages, je n’ai jamais rien vu de tel.

Se rafraîchir et profiter d’un taux d’humidité supportable quelques instants. Au pied des tours, un grand parc d’herbe de grasse, je m’y affale, épuisé par le décalage horaire. Les chœurs de la police malaise interprètent des tubes occidentaux dans un concert en plein air à quelques mètres de là (quel bonheur !). Personne ne semble y prêter la moindre attention.






Je voyage en Serbie avec Nicolas Bouvier et son Usage du Monde. Puis rentre pour une nouvelle douche salutaire. L’humidité et la chaleur conjuguées sont un cocktail transpirant peu agréable. Cela ne présage rien de bon pour la suite…

La terrasse que j’avais repérée pour l’apéro n’est pas aussi idyllique que prévu : sous le métro aérien, au bord d’une artère bruyante, je viens de commander une bière que me coûte une véritable fortune. Je me rattraperai avec le repas du soir : une gargote, à coté de la guesthouse, qui semble préparer des plats appétissants.

En terminant ma bière « de luxe », je suis en pleine forme. Les doutes accumulés au cours de la préparation de ce premier voyage solitaire sont apaisés. Ma crainte de ne pas parler pendant trois semaines (et perdre l’usage de la parole peut-être…) s’avère infondée. J’ai rencontré du monde aujourd’hui, même dans cette ville qui a tout d’impersonnel. Je vais donc très bien et suis déjà (mon esprit en tout cas) dans l’avion qui m’emmène à Bornéo.

Mon ventre crie famine… j’avale, dans la gargote voisine, un délicieux plat de nouilles au porc et crevettes. Non seulement ce fut excellent et consistant, mais cela me coûtait le tiers du prix de ma bière.

Pondok Lodge
Gloden Triangle
55 RM - chambre simple et grande, climatisée – salle de bains commune
Calme et bien placé, staff sympa.

G T 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23

court circuit à Bornéo

PDF - 49 pages - 1.2Mo [ 8733 téléchargements ]

Philippines
Indonésie / Java