10 août - Kuala Lumpur

Dans un souci d’utilisation des pages blanches de mon carnet de voyage, j’opte pour une nouvelle page pour chaque jour. Cette option n’est évidemment pas définitive au cas où les pages viendraient à manquer d’ici la fin du voyage.

Un profond sommeil me cloue au lit jusqu’en fin de matinée. Ma journée débute à l’heure la plus chaude de la journée : midi. Ai raté le petit déjeuner, tant pis, je n’ai pas faim.

Durant de longues heures, je déambule en ville, dans une chaleur moite étouffante. Je commence par Merdeka Square, quartier des institutions. La température ou peut-être simplement la banalité du lieu ne me retient pas longtemps. Devant l’une des grandes mosquées de la ville, j’observe un couple de touristes italiens, entrant dans l’enceinte en short, petite jupe et débardeur, alors que les avertissements quant à la tenue adéquate sont affichés en grand sur le portail principal.






Je n’avais jamais eu l’occasion de croiser d’italiens en Asie et là en moins de deux jours, j’en ai vu plusieurs. Ils ont souvent un comportement similaire aux russes qui voyagent, sûrs que tout leur est dû, que leur culture est celle qui domine, que les autres n’ont qu’à s’adapter, la politesse et quelques règles de bien séance manquant à l’appel.

Je poursuis à travers le marché central de China Town. Un magasin de jeux en bois retient mon attention, il faudra que j’y repasse à la fin de mon voyage. Plus loin, une rue commerçante, les champions de la contrefaçon s’y retrouvent. Chaussures, bijoux et surtout montres. Tous les modèles de l’industrie horlogère suisse sont disponibles à des prix imbattables. La Swatch est à un ou deux dollars, la Rolex à dix.

Ma promenade passe par la gare de KL, bordée d’une route à six voies aux trottoirs insalubres. La gare ne présente que peu d’intérêt, je décide faire un détour par le jardin du lac, perché au sommet d’une colline.

Un endroit rêvé, un grand parc, agrémenté, en son centre, d’un lac rafraîchissant. Un petit vent me caresse le coup, allongé au milieu de la verdure, perdu dans la lecture d’un récit de voyage, loin de la ville du trafic. Pure spéculation !

J’ai beau parcourir en long et en large le parc, pas d’herbe, ou si éparse que ce serait plutôt dans la terre que l’on s’allongerait. Le lac artificiel est entouré d’une route et les ronflements incessants des tondeuses à gazon et véhicules d’entretien complètent le panorama idyllique rêvé. J’entrevois les jardiniers, ils sont au moins huit à couper l’herbe avec des débroussailleuses, ils s’appliquent à supprimer méthodiquement le moindre brin d’herbe, laissant un parc terreux sans vie.

Au retour, impossible de trouver un taxi. Deux sont bien arrêtés en bas de l’allée principale, mais ils sont au repos. J’ai beau essayer d’en stopper plusieurs, aucun ne semble disposé à m’embarquer. Je rentre donc à pied à l’hôtel.

Je m’affale au bistrot du rez-de-chaussée, épuisé. La patronne me dira après coup que j’avais l’air d’avoir eu très chaud. Elle n’avait pas tort… Une bière et une bonne douche me remettent d’aplomb.

Un taxi visiblement très pressé me conduit jusqu’aux tours Petronas que je veux voir et photographier de nuit. Le spectacle est magique.

Je fais une halte au Zino Café, joli café qui occupe une arcade sous ma guesthouse. La patronne, Alia, est française. Nous en profitons pour discuter, ses amis nous rejoignent, des expatriés de divers horizons. Tous assis à ma table, nous formons une tribu hétéroclite (peut-être à l’image du pays d’ailleurs) : il y a Ali, un diplomate algérien, un malais, gras et ventru, à l’écouter le monde ne tournerait pas sans lui, et enfin un palestinien, voyageur infatigable établi à Bangkok, de passage en Malaise. Les discussions passent du français à l’arabe en passant par le malais pour se terminer en anglais, langue commune à tous.

Je promets à Alia que je repasserais goûter les spécialités culinaires de ses amies qu’elle souhaite installer en cuisine tout prochainement. Je salue la tablée et monte sur le toit de l’auberge, qui en soirée, devient un endroit agréable et paisible pour la lecture et l’écriture.

Pondok Lodge
Gloden Triangle
55 RM - chambre simple et grande, climatisée – salle de bains commune
Calme et bien placé, staff sympa.

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court circuit à Bornéo

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