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11 août – Kuala Lumpur / Kuching
Bornéo ! J’en rêve depuis longtemps !
Avec la chaleur, les réveils matinaux ne sont pas vraiment un problème. Je prends le petit déjeuner sur le toit de ma guesthouse. De jour la vue est triste : immeubles en construction, buildings, centres commerciaux… alors que la nuit, les milliers de lumières alentours laissent l’imagination travailler. J’avale mon café avant de sauter dans le monorail qui traverse la ville. Air conditionné à fond, vitres embuées, on ne voit rien… dommage.
Je patiente la matinée entière à l’aéroport avant de rejoindre Kuching avec trois heures de retard. Je voyage avec Air Asia, compagnie low cost locale. Force est de constater que l’espace entre les sièges est nettement inférieur à celui disponible en Europe (certainement dû à la taille, généralement, plus petite des asiatiques), le confort est spartiate, mais pour le prix, on peut difficilement se plaindre.
Je dégotte un hôtel sans charme, mais bien situé, proche de la rivière et du centre ville. Installé, je m’en vais parcourir cette petite ville qui dégage un parfum côtier, bien qu’elle ne se trouve pas au bord de la mer. La première chose qui m’est venue à l’esprit, sur la route de l’aéroport, en découvrant la ville, fut une certaine ressemblance avec Cairns en Australie. Même climat, même typologie des habitations.
Le bord de la rivière Sungai Sarawak est une agréable promenade qui permet de se rendre à l’office du tourisme. J’y rencontre un accueil chaleureux. Après avoir pris quelques informations je décide de passer tout d’abord deux jours dans le parc national de Bako. Ensuite je me rendrai le long de la Skrang River, 150 kilomètres à l’ouest d’ici.
Cette deuxième expédition sera organisée par un homme rencontré au hasard, aux abords de l’office du tourisme, qui m’aborde en me proposant de m’emmener trois jours à la découverte des Ibans et de leurs longhouses. Il me dit travailler directement avec les habitants, une sorte d’Ecotour. Il me garantit également que nous ne serons pas plus que six. La préposée de l’office du tourisme me dit que c’est un type sérieux, qui fait un travail remarquable. Il n’en faut pas plus pour me convaincre et rendez-vous est pris pour le 15. Il passera me prendre directement à mon hôtel, ensuite, le 18, je continuerai seul en direction de Sibu. Alléchant programme.
Détour par le marché des fruits et légumes puis celui des poissons, histoire d’avoir un aperçu des produits locaux. J’y croise Scott, un anglais, accompagné d’Eddy, un canadien, tous deux voyageurs de longue date et grands buveurs de bière. Nous passons le reste de l’après-midi ensemble, puis finalement la soirée.
Nous débutons avec quelques bières dans un bistrot sombre où nous sommes seuls jusqu’à l’arrivée d’un escadron d’une dizaine de policiers qui entament sous nos yeux une perquisition en profondeur. D’une discrète armoire sous le comptoir, deux caisses de Guinness et deux bouteilles de whisky sont extraites et déposées à l’extérieur. Visiblement de l’alcool importé illégalement. En sortant, Scott s’adresse au plus gradé des uniformes. A la question de savoir si leur soirée serait bien arrosée, l’officier s’empresse de lui promettre que non, les bouteilles seront vidées (oui, mais comment ?)…
Scott et Eddy sont déjà en ville depuis quelques jours et connaissent les bons plans (bon plan pour eux consiste en gros à obtenir le plus de bière possible pour le prix le moins élevé). Nous atterrissons dans une gargote chinoise qui sert de la Stella Artoise (made in Belguim, donc importée) pour un prix inférieur à la bière brassée localement… les bienfaits de la mondialisation.
Nous sommes rejoins par un couple fort sympathique qui habite à Hanoï. Lui est allemand et enseigne sa langue, elle est canadienne et travaille pour une ONG. Ils prennent quelques semaines de vacances à Bornéo. Mes deux buveurs ne pensant qu’à s’enfiler un maximum de bières, je les laisse, le temps de partager, non loin de là, un repas avec le couple.
Nous ne savons pas ce que nous mangeons, mais c’est excellent. Je dis que c’est du poisson, elle dit que c’est du tofu, lui dit que c’est du céleri… Nous avons simplement faim et avalons ce copieux repas dans la bonne humeur. Les deux affreux nous rejoignent, nous buvons encore et encore, regagnons la gargote chinoise où la bière est moins chère. La soirée se termine beaucoup plus tard, après que nous ayons échangé les bons plans dans la région.
Le couple m’a notamment convaincu de me rendre dans un centre de réhabilitation des orangs-outangs, au sud de la ville. Je pourrai m’y rendre le lendemain, mais le bus est à 7h. pour arriver là-bas aux alentours de 8h., heure à laquelle les primates en liberté sont nourris. C’est le seul moment où il est possible de les observer.
Je rentre me coucher dans un état lamentable, heureusement mon hôtel est au coin de la rue. Je m’écroule sur mon lit.
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