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12 août – Kuching et environs
Attablé au bord de la rivière de Kuching, je savoure de délicieuses brochettes de saté. J’ai tout le temps de repenser à cette excellente journée, durant laquelle j’ai commencé à percevoir les malais et leur île de Bornéo.
La journée a débuté tôt, je suis en pleine forme. J’enfile mes habits et me prépare pour me rendre au centre de réhabilitation des orangs-outangs. Départ à 7h., j’ai le temps d’avaler quelques biscuits et un jus d’orange avant de m’embarquer dans un bus sans âge. Le trajet dure à peine quarante minutes, le chauffeur m’indique gentiment l’endroit où je dois m’arrêter.
Bien que le bus soit quasiment vide, je n’ai pas remarqué, assis à l’arrière, un occidental qui descend en même temps que moi. Il se rend également au centre et c’est ainsi que nous profitons de la petite marche qui nous attend pour faire connaissance.
Joachim est un jeune allemand qui passe quelques jours à Kuching en attendant son nouveau visa pour l’Indonésie voisine. A l’entendre, il s’agit d’un pays merveilleux, rien à voir avec Bornéo… peut-être que l’occasion me sera donnée de m’y rendre prochainement ?
Les orangs-outangs sont nourris à 8h30 précises. C’est juste à l’heure que nous rejoignons le centre, en même temps qu’une myriade de minibus et de cars qui viennent y déverser leurs occupants. Le régiment au complet suit, en file indienne, un Ranger qui se dirige à l’intérieur de la jungle afin de rejoindre un promontoire, sur lequel nous nous retrouvons « parqués » en attendant le spectacle.
Trois orangs-outans, sortant de nulle part, sont au rendez-vous. Deux sont des femelles avec leur petit dans les bras. Chacun son tour, ils se nourrissent sur une plate-forme de bois au sommet de laquelle des fruits ont été déposés. Les flashs crépitent et chaque singe y va de son show, passant de branche en branche le long de notre « amas » touristique avant de disparaître dans une épaisse jungle. Le spectacle terminé, nous visitons la serre et le jardin du centre qui recèlent un bon aperçu de plantes locales.
En marchant en direction de la route, nous espérons trouver un bus pour rentrer à Kuching. Nous rencontrons un couple de québécois qui nous propose de partager leur taxi, qu’ils viennent de commander depuis le poste de garde. A vu du trafic quasi nul sur cette route de campagne, nous acceptons immédiatement.
De retour en ville vers 11h., notre petite troupe se sépare. Je fonce à mon hôtel et profite du trône durant de longues minutes… une bactérie mal assimilée par mon estomac ? J’ai une chambre avec douche et WC et j’en profite…
Ces affaires réglées (ou presque), je saute dans un mini van à destination de la péninsule de Santubong et de la plage de Damai. La plage, selon mon guide, est bordée de grands hôtels, mon objectif de cet après-midi est simplement de profiter de la plage de l’un de ces nombreux resorts.
Je demande à descendre près de Santubong, village de pêcheur où je souhaite prendre mon repas de midi. La route principale passe à deux kilomètres du village, je devrai marcher, le bus n’y va pas. Les gens rencontrés en route se montrent extrêmement courtois, on me propose d’abord de grimper à bord d’une voiture qui me conduit jusqu’aux abords du village, puis c’est un homme à moto qui s’arrête pour m’embraquer.
Le village n’est pas grand, une boutique antique fait office de centre ville. Point de restaurant à l’horizon, nul gargote en vue et mon ventre crie famine. Je rentre dans la boutique et c’est dans un anglais parfait qu’on me répond que je ne trouverai rien à manger par ici. Mais par contre, si je veux bien me donner la peine de m’asseoir à l’une des trois tables du magasin, la préposée me vendra un paquet de nouilles qu’elle me cuisinera, en y ajoutant deux œufs. J’accepte bien volontiers et c’est absolument délicieux.
Pendant que je me régale, mon hôtesse m’apprend qu’elle vit à Sydney et que cette boutique est celle de ses parents. Elle leur rend visite durant un mois et leur donne un coup de main. Elle a grandi ici avant d’immigrer en Australie. Mon repas réglé, elle me propose de m’emmener avec sa voiture faire le tour du village et des plages, elle me déposera ensuite à Damai, distant de plusieurs kilomètres, à l’endroit de mon choix. Parfait ! Cela m’évitera de marcher sous un soleil de plomb…
En route, Aline (elle s’appelle Aline), me suggère de visiter le Sarawak Village, un condensé reconstitué des différentes cultures et habitats de l’île, le tout, agrémenté d’un spectacle de danses traditionnelles avec des acteurs pas vraiment locaux. Elle insiste tellement pour que je visite ce parc d’attractions, fleuron de l’industrie touristique de sa région, que je finis par céder et lui demande de me déposer devant l’entrée afin que je puisse le visiter.
Je la quitte en la remerciant chaleureusement pour le repas et le transport et fais mine d’aller au guichet d’informations pendant qu’elle fait demi-tour. Dès que la voiture a disparu, je reviens sur mes pas et marche jusqu’au Holiday Inn où je compte bien prendre un peu de bon temps. Je ne voulais pas la vexer, lui dire vraiment ce que je pense de ce genre de cirque à ciel ouvert conçu pour le touriste pressé.
A l’hôtel, je sirote une bière sur la terrasse après avoir fait un rapide tour du propriétaire. Vu le prix de la bière, j’estime avoir le droit de profiter pleinement de la piscine, ce que je ne me gêne pas de faire. Je me délecte dans une eau à température fort agréable. La plage est juste derrière. Avant d’aller faire trempette dans la mer de Chine, je m’enquiers auprès du maître nageur du contenu des panneaux annonçant des méduses. Il n’y a pas de méduses, m’assure t-il. Le seul but de ces panneaux est de dissuader les clients de l’hôtel d’aller dans la mer, car, ajoute t-il, lorsqu’ils reviennent à l’hôtel, leurs pieds sont remplis de sable qu’ils répandent partout. Eh bien, qu’ils utilisent la piscine ! Je profiterai seul d’un bain marin et prendrai bien soin, au retour de me rincer les pieds...
Dans le bus du retour, je croise les québécois du matin. Nous en profitons pour échanger quelques points de vue voyagistiques. A la question de savoir combien de semaines de vacances nous avons en Suisse, une voie féminine, au fort accent genevois, répond à ma place ! Nadia est assise une rangée devant nous, prof de géographie à Genève, elle n’a pu se retenir, elle se mêle à la discussion. J’ai une profonde aversion pour les gens qui savent tout sur tout… elle en fait partie…
Je n’écoute alors plus que d’une oreille, acquiescant uniquement lorsque c’est nécessaire, d’un nonchalant mouvement de la tête. J’enregistre quand même au passage que nous voyageons dans des directions opposées, ce sera très bien comme ça !
Le quai de Kuching est une promenade agréable en fin de journée. C’est l’endroit que j’ai choisi pour m’attabler avec un bon bouquin et savourer mon repas du soir. Puis, en rentrant me coucher, je me dis que peut-être je tomberai sur mes deux intrépides buveurs de bière attablés à la gargote chinoise…
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