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Djakarta
Bonne nuit de sommeil réparateur, dans un bon lit, avec de bons oreillers. Ce matin, je n'ai aucune envie de me lever et je sais exactement pourquoi : je pars vers l'inconnu total : Djakarta. Ville immense, quadrillée par des quatre voies, cité ultra polluée et ne débordant pas d'intérêts touristiques. Mon guide met en garde le visiteur quant la sécurité en ville. Elle est bonne mais il faut être vigilant. L'envie me manque furieusement...
A 9h30 je prend une grande décision : je vais manger le petit déjeuner à l'hôtel. Je reste ainsi dans ma bulle, protégé des assauts extérieurs. Petit répit... Le buffet est bien garni, mais hors de prix pour le pays. Tant pis !
L'heure de sortir approche... il faudra bien y aller un jour ou l'autre. C'est parti : direction Merdeka Square, immense parc avec au centre un monument kitch construit par le dictateur Suharto. Les gens croisés sont plutôt sympathiques et polis.
Ani me dit bonjour et engage la discussion. Il marche à mes cotés en me racontant qu'il est mécanicien, mais qu'il a perdu le travail qu'il occupait dans une grande entreprise japonaise. Il travaille maintenant dans un restaurant chinois. Aujourd'hui, c'est jour de congé, il se promène en ville. Son anglais est très certainement meilleur que le mien, il souhaite m'accompagner un moment, j'accepte, bien content de discuter un peu. Il me parle de sa ville et de son pays. Il est musulman et ne veut surtout pas être assimilé aux attentats de Londres qui viennent d'avoir lieu. Pour lui (et pour moi) c'est une bien mauvaise atteinte portée à l'image des musulmans. Il me guide jusqu'au marché local et là je commence à me demander comment je vais faire pour ne pas passer la journée avec lui. Nous nous promenons dans le marché ensemble, mais comme si il ressentait ce que je voulais, il m'indique au bout d'une ruelle que lui va à droite, moi je vais à gauche... je lui transmets mes remerciements et continue mon chemin.
La visite est d'autant plus compliquée que la ville est immense et n'a pas vraiment de centre. Je décide de me rendre à Kota, l'ancien quartier " Dutch ", lorsque la ville s'appelait Batavia sous la colonisation hollandaise. Je monte dans un tuk-tuk vieux certainement de plusieurs décennies, " made in India ". La circulation est très intense, le soleil au zénith et je dégouline de sueur sous la bâche en plastique du triporteur.
Il ne reste plus grand chose de Kota la hollandaise. Un grand bâtiment, une place, tout autour des routes à voies multiples. Je marche vers le nord et l'ancien port. N'ai jamais trouvé le port, seulement le musée maritime... Dommage... Le musée s'avère relativement intéressant, surtout au niveau architectural : un ancien fort, trapu, tout en longueur. Les murs épais confèrent une fraîcheur bienvenue au lieu. Je le parcours tranquillement.
Un des seuls vestiges de la présence hollandaise est le Batavia Café, sur la place précédemment traversée. Cela vaut le détour : teck, teck et teck. Escaliers, volets et parquets, rien ne semble avoir changé... Serveurs vêtus de grands tabliers blancs... Le jus d'ananas (et la vue depuis le 1er étage) sont salvateurs.
Demain je quitte Djakarta... oui, mais pour aller où ? Directement à l'est, vers Jogjakarta et Borobudur ? A Bogor, le Puncak pass et Cibodas ? La question me trotte dans la tête depuis ce matin. Ce sera Bogor et Cibodas, j'ai le temps de voyager tranquillement... Un taxi m'emmène à Gambier Station afin de consulter les horaires du train rapide pour Bogor : 9h33 ou même plus tôt si je suis debout à l'aube.
La fin de la journée est consacrée à quelques courses puis au sacro-saint apéro au Ya Udan bistro. Un passage au cybercafé et chez le coiffeur complètent une journée bien remplie.
Ce matin, en partant, j'ai repéré une échoppe préparant des brochettes. J'y suis repassé en rentrant, une dizaine de personnes s'affairent à embrocher des centaines de morceaux de viande. Malgré que l'un des cuistots ait fait tomber sur le trottoir une poignée entière de brochettes au poulet et remis le tout, le plus normalement du monde, dans son bac de destination, mon restaurant de ce soir est tout choisi. Je mangerai certainement du bœuf...
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