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Bogor - Hanimun National Park
Le rendez-vous avait été fixé la veille : 10h. devant la guesthouse. Aucun problème de réveil, nous sommes en terre musulmane et la ville s'anime dès 4h45 au son du muezzin.
Le déjeuner est rapide, le café immonde... Andum, l'homme de la gare, notre guide pour ces quatre jours, me promet que je mangerai à ma faim durant ce « trip ». Un saut à la banque histoire de réapprovisionner le porte-monnaie et c'est le départ.
Dans un minibus, nous parcourons les rues de Bogor et nous rendons chez un fabriquant de marionnettes. Comme je m'y attendais un peu, le lieu doit figurer dans tous les circuits organisés de la ville. Heureusement, ce sera la seule fausse note de la journée.
Nous enchaînons avec la visite d'une fabrique de gong. Un vieil atelier crasseux, dans lequel une dizaine d'hommes torse nu, aux muscles fort impressionnants, forgent, à coups de pioche aplatie, les gongs encore difformes chauffés à blanc. Travail harassant, huit heures par jour, six jours par semaine.
Nous prenons maintenant la route du parc national Hanimun (prononcez « honeymoon »). A midi, nous faisons une halte dans une buvette de village où nous sont servies de délicieuses spécialités.
Ces quatre jours, je les passerai avec deux compatriotes germanophones (mais néanmoins sympathiques) : Corine, enseignante à Rapperswil et Naara, étudiante en anthropologie à Zurich. Corine est plutôt réservée, timide, voir un peu triste, Naara et plus joyeuse et j'ai grand plaisir à discuter avec elle.
Arrivée au milieu de nulle part... l'entrée du parc national, nous devons changer de bus, la route devient très mauvaise. Nous embarquons dans un véhicule hors d'âge, dépouillé de tout, excepté deux banquettes aux ressorts bien durs. La structure du bus, au niveau des fenêtres et du toit, a été renforcée avec des fers à béton. Si il ne pleuvait pas, nous aurions pu faire le trajet sur le toit. La route est chaotique, les paysages enchanteurs. Nous roulons à travers des rizières en terrasse et de petits villages d'agriculteurs. La pluie cesse et nous nous installons en toiture, la vue est impressionnante.
Nous nous enfonçons dans le parc et je commence à croire que je ne vais pas regretter mon choix. Sur le toit, il est vivement conseillé de se tenir vigoureusement à la galerie sous peine de se retrouver dans une rizière. En calant bien mes pieds, je peux sortir mon appareil photo et prendre quelques clichés.
Le chemin du retour devrait suivre la même piste dans le sens inverse, espérons qu'il fera beau et que je pourrai profiter de la vue. Pour l'instant la pluie s'intensifie et je ne resterai pas perché longtemps sur le toit.
Deux heures de piste accidentée, à moins de 15 km/h . Croisé un camion et quelques petits bus sur cette route où même notre bus doit se frayer un chemin tant la largeur est réduite. Nombreux lacets dans une forêt luxuriante puis descente vers les plantations de thé, immenses, à perte de vue.
Nous nous arrêtons. Quelques maisons en contrebas, entourées de rizières plantées de jeunes pousses. Nous chargeons nos sacs et descendons vers le village. Une petite maison blanche en bois, au centre, sera notre gîte pour deux nuits. Cette maison qui appartient aux villageois peut accueillir jusqu'à 6 personnes dans trois chambres minuscules, mais dans lesquelles il y a tout de même un lit double ! On n'en attendait pas tant ici... Les filles ont l'honneur du choix de chambrée. Dix bonnes minutes d'inspection minutieuse leurs permettent (enfin) de choisir celle qui leur conviendra le mieux.
Les chambres sont disposées autour d'une grande pièce centrale, ouverte sur un large balcon dominant la rivière et les rizières à peine vertes. En arrière plan une jungle épaisse. Simple et beau.
Je ne tiens pas longtemps en place et avant la nuit, je m'aventure dans les collines environnantes plantées de thé. Décor féerique, l'humidité très présente forme, par endroits, des nuages de brume. Je traverse un autre village dans lequel un sourire et un petit « hello » de ma part font le bonheur des grands et petits.
De retour, un repas somptueux m'attend : riz, nouilles, poulet, tofu, soja, légumes et omelette, le tout agrémenté de sauces tout bonnement excellentes.
Andum aime rire et raconter blagues, tours de magie et devinettes glanées tout au long de ses périples. Nous nous amusons beaucoup. Nous essayons de découvrir ses tours, n'y arrivons pas et rions de plus belle...
Demain, belle marche à travers les plantations de thé. Tout le monde est « réduit » avec l'extinction du générateur à 22h.
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